• Le conte musical

    Le conte musical

     

     

    Séquence 3  LE CONTE MUSICAL(1)

    Création d'un conte musical à partir d'un modèle efficace et de qualité :

    PIERRE ET LE LOUP de Serge PROKOFIEV (1936)

     

    Serge Prokofiev compose Pierre et le loup en 1936 sur une commande officielle du théâtre central, à Moscou. Il s’agit de faire découvrir les instruments de l’orchestre symphonique aux enfants de la ville.

    C’est un conte musical avec un texte récité sur une musique pour orchestre symphonique.

    L’idée de Prokofiev pour faciliter l’écoute et la mémorisation est de faire correspondre un timbre instrumental et un thème musical à chaque personnage.

    Il commence l’œuvre par une présentation des instruments et thèmes associés aux différents rôles avant de poursuivre par l’histoire.

    Parmi les personnages de l’histoire il y a des animaux qui parlent, comme dans les fables de La Fontaine, et qui ont des caractères comparables à ceux des humains : le chat est fier et lent, l’oiseau est vif et moqueur…

    Sans oublier l’archétype du loup, personnage cruel et effrayant.

    Le conte de Pierre et le loup porte également une morale : avec du courage et de la ruse, un enfant neutralise l’objet de toutes les peurs.

    Il existe de multiples versions récitées de comédiens et de chanteurs célèbres : Gérard Philippe (1956), Fernandel (1959), Claude Pieplu (1965), Jacques Brel (1970), David Bowie (1978), Charles Aznavour (1990), Jacques Higelin (1984), Olivier Saladin et François Morel (1995), Jean Rochefort (2002), Michel Galabru, Smaïn (2004), Valérie Lemercier (2007)

     

    Ecoute des personnages et de leurs instruments (travail à compléter à la maison)

     

     

    Le chat =   LA CLARINETTE

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    L'oiseau = LA FLÛTE TRAVERSIÈRE

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    Le grand-père =   LE BASSON

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    Le canard =   LE HAUTBOIS

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    Pierre = LE QUATUOR À CORDES

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    Le chasseur = LA TIMBALE ET LA GROSSE CAISSE

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    Le loup = LE COR

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    Pierre et le loup de Prokovfiev

    Présentation par Peter Ustinov / Film de Michel Jaffrenou (1995)

     

    Orchestre de Vancouver 2012

    Partition pour piano de Pierre et le loup

     

    5'25 / filme de Suzie Templeton 2009

    PIERRE ET LE LOUP de Serge PROKOFIEV (1936)

     

     Texte Simplifié



    Extrait 1 : Un beau matin Pierre ouvrit la porte du jardin et s’en alla dans les prés verts. Sur la plus haute branche d’un grand arbre, était perché un petit oiseau, ami de Pierre. " Tout est calme ici. " gazouillait-il gaiement. Un canard arriva bientôt en se dandinant, tout heureux que Pierre n’ait pas fermé la porte du jardin. Il en profita pour aller faire un plongeon dans la mare, au milieu du pré.

     

     

    Extrait 2 : Tout à coup Grand-père apparut. Il était mécontent de voir que Pierre était allé dans le pré. " L’endroit est dangereux. Si un loup sortait de la forêt, que ferais-tu ? " Pierre ne fit aucun cas des paroles de son grand-père et déclara que les grands garçons n’avaient pas peur des loups. Mais Grand-père prit Pierre par la main, l’emmena à la maison et ferma à clé la porte du jardin.

     

     

    Extrait 3 : Il était temps. A peine Pierre était-il parti, qu’un gros loup gris sortit de la forêt. En un éclair, le chat grimpa dans l’arbre. Le canard se précipita hors de la mare en caquetant. Mais malgré tout ses efforts, le loup courait plus vite. Le voilà qui approcha de plus en plus près, plus près, il le rattrapa, s’en saisit et l’avala d’un seul coup.



    Extrait 4 : Et maintenant voici où en était les choses : le chat était assis sur une branche, l’oiseau sur une autre, à bonne distance du chat, bien sûr, tandis que le loup faisait le tour de l’arbre et les regardait tous deux avec des yeux gourmands.

    Pendant ce temps, derrière la porte du jardin, Pierre observait ce qui se passait, sans la moindre frayeur. Une des branches de l’arbre, autour duquel tournait le loup, s’étendait jusqu’au mur. Pierre s’empara de la branche, puis monta dans l’arbre.

     

     

    Extrait 5 : Et maintenant, imaginez la marche triomphale : Pierre était en tête ; derrière lui, les chasseurs traînaient le loup, et, fermant la marche le Grand-père et le chat. Le grand-père, mécontent, hochait la tête en disant :

     

    " Ouais ! Et si Pierre n’avait pas attrapé le loup, que serait-il arrivé ? " Au-dessus d’eux, l’oiseau voltigeait en gazouillant. 

     

     

    Pierre et le loup / Partie 3 / Capture du loup

     

     

    Passage de la Capture du Loup / Orchestre de jeunes et acteurs amateurs, 2010, Ville d'EU 

     

    Baba Yaga

     

    Dans la maisonnette d'un village vivait une petite fille qui n'avait plus de maman et qui se prénommait Vassilissa. Son père, qui était déjà assez vieux, se remaria ; mais il ne sut pas bien choisir. Sa nouvelle femme n'était pas une vraie maman, c'était une marâtre[1]. Elle détestait la petite fille et la traitait mal. "Comment faire pour m'en débarrasser ?" songeait la marâtre.

    Un jour que son mari s'était rendu au marché vendre du blé, elle dit à Vassilissa :

    -       Va chez ma sœur, ta gentille tante et demande-lui une aiguille et du fil pour te coudre une chemise !

    Il faut que vous sachiez que cette sœur n’était autre que la Baba Yaga en personne : une sorcière borgne, édentée, décatie, décrépite, impotente et méchante, qui passait ses nuits assise dans un chaudron, pour jeter des sorts et des maléfices.

    Vassilissa mit son joli fichu rouge et partit. En route, comme elle était maligne, elle se dit : "J'ai une gentille tante, c'est vrai, mais qui n'est pas la sœur de ma marâtre : c'est la sœur de ma vraie maman. J'irai d'abord lui demander conseil."

    Sa tante la reçut avec beaucoup de plaisir.

         - Tante, dit la petite fille, la femme de mon papa m'a envoyée chez sa sœur lui demander une aiguille et du fil pour me coudre une chemise. Mais d'abord, je suis venue te demander, à toi, un bon conseil.

         - Tu as eu raison. La sœur de ta marâtre n'est autre que Baba-Yaga, la cruelle ogresse ! Mais écoute-moi : il y a chez Baba-Yaga un arbre qui voudra te fouetter les yeux, c’est un bouleau, attaches-y un ruban. Tu verras une grosse barrière qui grince et qui voudra se refermer toute seule, verse un peu de cette huile sur le seuil de la porte. Des chiens voudront te dévorer, jette-leur du pain. Enfin, tu verras un chat qui voudra te crever les yeux, donne-lui un bout de jambon. Et n’oublie pas, non plus, de mettre un foulard sur ta tête.

         - Merci bien, ma tante, répondit Vassilissa.

     

     

     
     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Elle marcha longtemps puis arriva enfin à la maison de Baba-Yaga. L’affreuse sorcière était en train de tisser.

         - Bonjour ma tante.

         - Bonjour, ma nièce.

         - Ma mère m'envoie te demander une aiguille et du fil pour qu'elle me couse une chemise.

         - Bon, je m'en vais te chercher une aiguille bien droite et du fil bien blanc. En attendant assieds-toi à ma place et tisse.

    La petite fille se mit au métier. Elle était bien contente. Soudain, elle entendit Baba-Yaga dire à sa servante dans la cour :

         - Chauffe le bain et lave ma nièce soigneusement. Fais-lui prendre un bain et surtout frotte-la bien. Je veux la manger au dîner. Allez vite, dépêche-toi, j’ai grand faim.

    Vassilissa trembla de peur. Elle vit la servante entrer et apporter des bûches et des fagots et de pleins seaux d'eau. Alors elle fit un grand effort pour prendre une voix aimable et gaie et elle lui fit cadeau de son foulard en lui disant :

    -       Quand tu feras brûler les bûches pour chauffer le chaudron, mets de l’eau dessus, verse le plus d’eau possible sur les bûches.

    La servant repartit et Baba Yaga commença à attendre l’heure du repas. Mais le feu ne prenait pas, et pur cause ! La sorcière enrageait. De la cour, elle demanda :

         - Tu tisses, ma nièce ? Tu tisses, ma chérie ?

         - Je tisse, ma tante, je tisse.

    Sans faire de bruit, la petite fille se leva, et se dirigea vers la porte... Mais le chat était là, maigre, noir, et effrayant ! De ses yeux verts il regardait les yeux bleus de la petite fille. Et déjà il sortait ses griffes pour les lui crever.

    Mais elle lui donna un morceau de jambon cru et lui demanda doucement :

         - Dis-moi, je t'en prie, comment je peux échapper à Baba-Yaga ?

    Le chat mangea d'abord tout le morceau de jambon, puis il lissa ses moustaches et répondit :

         - Prends ce peigne et cette serviette, et sauve-toi. Baba-Yaga va te poursuivre en courant. Colle l'oreille contre la terre. Si tu l'entends approcher, jette la serviette, et tu verras elle se transformera en une rivière immense ! Si elle te poursuit toujours, colle encore l'oreille contre la terre, et quand tu l'entendras sur la route, jette le peigne et tu verras, il se transformera en une forêt infranchissable qui arrêtera sa course.

     

    File:Vasilisa.jpg

     

    Vassilissa remercia le chat, prit la serviette et le peigne et s'enfuit. Mais à peine hors de la maison, elle vit deux chiens encore plus maigres que le chat, tout prêts à la dévorer. Elle leur jeta du pain tendre et ils ne lui firent aucun mal.

    Ensuite, c'est la grosse barrière qui grinça et qui voulut se refermer pour l'empêcher de sortir de l'enclos ; mais la petite maligne versa toute l’huile et la barrière s'ouvrit largement pour la laisser passer. Sur le chemin, le bouleau siffla et s'agita pour lui fouetter les yeux ; mais elle le noua d'un ruban rouge ; et voilà que le bouleau la salua et lui montra le chemin.

    Elle courut, elle courut, elle courut.

     Pendant ce temps, le chat s'était mis à tisser. De la cour, Baba-Yaga demanda encore une fois :

       - Tu tisses, ma nièce ? Tu tisses, ma chérie ?

     - Je tisse, ma vieille tante, je tisse, - répondit le chat d'une grosse voix.

    Furieuse, Baba-Yaga se précipita dans la maison. Plus de petite fille !

     

     Elle frappa le chat et cria :

         - Pourquoi ne lui as-tu pas crevé les yeux, traître ?

         - Eh ! - dit le chat, - voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m'as jamais donné le plus petit os, tandis qu'elle m'a donné du jambon !

    Baba-Yaga voulut frapper les chiens.

         - Eh ! - dirent les chiens, - voilà longtemps que nous sommes à ton service, et nous as-tu seulement jeté une vieille croûte ? Tandis qu'elle nous a donné du pain tendre !

    Baba-Yaga secoua la barrière.

         -Eh ! - dit la barrière, - voilà longtemps que je suis à ton service et tu ne m'as jamais mis une seule goutte d'huile, tandis qu'elle m'en a versé un plein récipient !

    Baba-Yaga s'en prit au bouleau.

        - Eh ! - dit le bouleau, - voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m'as jamais décoré d'un fil, tandis qu'elle m'a paré d'un beau ruban de soie !

        - Et moi, - dit la servante, - à qui pourtant on ne demandait rien, et moi, depuis le temps que je suis à ton service, je n'ai jamais reçu de toi ne serait ce qu'un chiffon, tandis qu'elle m'a fait cadeau d'un joli foulard rouge !

     

     

     

     

     

    Tout en grinçant des dents, l’affreuse Baba-Yaga sauta dans son chaudron, et s'élança à travers la campagne à la recherche de Vassilissa. La petite fille collait son oreille contre la terre : elle entendit que Baba-Yaga approchait. Alors elle jeta la serviette, et voilà que la serviette se transforma en une large rivière !

    Baba-Yaga fut bien obligée de s'arrêter. Elle grinça des dents, roula des yeux jaunes, son chaudron menaça de couler, mais elle finit par traverser et se remit à sa poursuite en bavant des insultes. La petite fille était loin. Elle colla l'oreille contre la terre ; elle entendit le chaudron sur la route ; elle jeta le peigne... Et voilà que le peigne se changea en une forêt touffue ! Baba-Yaga essaya d'y entrer, de scier les arbres avec ses dents. Impossible !

    La petite fille écouta : plus rien. Elle n'entendit que le vent qui soufflait entre les sapins verts et noirs de la forêt. Pourtant elle continua de courir très vite parce qu'il commençait à faire nuit, et elle pensait : "Mon papa doit me croire perdue".

    Le vieux paysan était revenu du marché. Il avait demandé à sa femme :

         - Où est la petite ?

         - Qui le sait ! - répondit la marâtre. Voilà trois heures que je l'ai envoyé faire une commission chez sa tante.

    Enfin, la petite fille, les joues plus roses que jamais d'avoir couru, arriva chez son père. Il lui demanda :

         - D'où viens-tu, ma petite ?

         - Ah ! - dit-elle, - petit père, ma mère m'a envoyée chez ma tante chercher une aiguille et du fil pour me coudre une chemise ; mais ma tante, figure-toi que c'est Baba-Yaga, la cruelle ogresse !

    Et Vassilissa raconta toute son histoire. Le vieil homme était en colère. Il prit son fusil de chasse et tua la marâtre.

    Depuis ce temps, la petite fille et son père vivent en paix. Je suis passé dans leur village ; ils m'ont invité à leur table, le repas était très bon et tout le monde était content.

     

     

    Questions

     

    1.     Au début du texte, à qui Vassilissa va-t-elle demander de l’aide ? Pourquoi ?

    2.     Qui sont les adjuvants de Vassilissa (ceux qui l’aident) ? Comment l’aident-ils ?

    3.     Lors de sa fuite, quelles épreuves Vassilissa surmonte-t-elle ?

    4.   Qui sont les opposants de Vassilissa (ceux qui lui veulent du mal) ?

     

     



    [1] La marâtre : le mot a deux sens : la belle-mère ou bien la mauvaise mère.